Les réactions émotionnelles sont généralement mal vues dans le contexte du travail. Elles apparaissent la plupart du temps en entreprise comme de dommageables manques de maîtrise de soi, et sont associées à des signes de non-professionnalisme. Elles sont perçues comme l’expression d’une situation de conflit ; elles déstabilisent. On stigmatise ainsi la réaction émotionnelle comme un élément perturbateur de l’homéostasie en entreprise – ce terme emprunté à la biologie pour souligner comment la vie et les organismes ont tendance à vouloir maintenir un équilibre. Dans les organisations également, l’homéostasie est recherchée ; les études en conduite du changement le montrent bien. Or, l’émotion vient bouleverser la routine et les habitudes.

Pourtant, cette considération négative cache une réalité : l’émotion vient exprimer un besoin. Elle est un mécanisme physiologique naturel qu’il ne faut pas envisager comme un risque ou un problème, mais plus certainement comme un révélateur pouvant permettre de faire évoluer (en bien) les personnes et les organisations. Il semble important, comme le suggère le neurologue portugais Antonio Damasio, de donner une seconde chance à l’émotion. Elle est en fait une opportunité qui doit mener à un travail de prise de conscience à l’échelle de la personne et aussi de l’organisation au niveau managérial.

Source : Changer de regard sur les émotions en entreprise