Plus que les hôpitaux ou les administrations, le milieu académique est un véritable creuset pour le « harcèlement en meute », ou mobbing (du verbe « to mob », malmener). Grave pathologie des organisations de grande taille, le « mobbing » est un processus « d’extermination concertée » d’une personne en emploi qui devient « une cible » pour ses collègues. Ce projet morbide ne prend fin qu’une fois la cible partie de l’organisation, placardisée, ou victime de suicide comme dans le cas emblématique de Justine Sergent à l’Université McGill au Canada. Désespérée par les lettres anonymes qu’elle recevait et celles qui étaient envoyées à divers organismes, cette neuropsychologue de profession s’est donné la mort avec son mari Yves Sergent en 1994.

Caractérisé par la recherche fondatrice de Heinz Leymann « Psychoterreur dans l’organisation » (1993), le mobbing est aujourd’hui une pathologie scientifiquement documentée en particulier par les travaux pionniers en langue française d’Eve Seguin, professeure de sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal.

Source : « Mobbing » : le monde académique, un terrain propice au harcèlement en meute